Aux Cornettes de Bise avec les Papys Lions

Jean-Pierre et Jean-Marie sont des complices de longue date. Ils ne sont plus tout jeunes (plus de 135 printemps à eux deux), mais ils sont restés actifs. Et quand ils ne sont pas en train de jouer les papys avec leurs petits enfants, les deux compères équipent des voies dans les Cornettes de Bise et autres sommets du Chablais. La dernière en date est une grande voie qui parcourt le pilier Sud-Ouest des Cornettes et qui porte bien son nom : la voie des Papys Lions !  🙂

Personnellement, ma contribution a été plutôt maigre sur ce projet et s’est limitée à une petite journée d’équipement et de nettoyage sur la première partie de la voie à l’automne dernier, par une journée d’épais brouillard. Mais Jean-Pierre et Jean-Marie ont insisté pour que je les accompagne lors de la première ascension. Une première qui s’est déroulée en deux actes lors de l’été 2014.

Les Papys Lions Acte I : la plus longue journée de l’année

Lever de soleil sur la Pointe de Bénévent
Lever de soleil sur la Pointe de Bénévent

Il est 5h30 du matin en ce 22 juin lorsque nous quittons le parking de Bise et commençons la montée vers le Pas de la Bosse. A partir de là, quelques minutes suffisent pour rejoindre le pied du pilier Sud-Ouest où nous nous équipons. Peu avant 7h, Jean-Pierre se lance dans la première longueur. La voie est une succession de ressauts avec une escalade assez verticale et souvent athlétique. Et le ton est donné dès le départ.

6h57 : à l'attaque de la voie
6h57 : à l’attaque de la voie
Dièdre du premier ressaut
Dièdre du premier ressaut

Pour moi qui n’ai pas tout à fait le niveau et encore moins l’entrainement, c’est vraiment une épreuve de force et je n’hésite pas à m’aider de tout ce qui est possible pour franchir les passages de 6a et de 6b. Heureusement, les papys sont patients et, 17 longueurs plus tard, nous arrivons enfin au bout des difficultés.

Cela fait maintenant près de 8 heures que nous grimpons sans nous arrêter et la fatigue commence à se faire sentir. J’insiste pour faire une petite pause, histoire d’avaler deux tranches de pain d’épice et boire un peu d’eau. Car la course n’est pas terminée !

Deuxième ressaut : le dièdre Mortier
Deuxième ressaut : le dièdre Mortier
Sortie du dièdre Mortier
Sortie du dièdre Mortier
Le rateau de chèvre
Le rateau de chèvre

Il nous reste à parcourir la partie supérieure de l’arête Sud-Ouest qui s’étire toute en longueur jusqu’au sommet secondaire du massif en une succession de petits ressauts rocheux et pentes herbeuses plus ou moins raides, mais jamais difficiles. En ce qui me concerne la fatigue est bien là et je n’avance pas très vite. Du coup ce sont encore 3 heures qui sont nécessaires pour rejoindre le sentier de la voie normale, juste à côté de la Brèche du Séraukin.

Partie finale de l'arête sud ouest avec l'orage qui menace
Partie finale de l’arête sud ouest avec l’orage qui menace

Le ciel s’est chargé de nuages et l’orage menace. Il ne reste plus que le tout dernier ressaut à gravir, mais cela nous demanderait encore près de deux heures supplémentaires pour monter et redescendre jusqu’ici. Comme il est déjà plus de 18 heures, nous préférons jouer la sécurité et assurer la descente avant la nuit. On s’octroie une nouvelle pause histoire de ranger l’équipement, changer de chaussures et boire un coup avant de s’élancer dans le couloir du Séraukin. Il suffit de suivre le sentier certes, mais celui-ci est assez raides par moments et avec la fatigue, on n’avance pas très vite.

Belle lumière dorée sur le lac Léman
Belle lumière dorée sur le lac Léman

Le dernière partie de la descente sous le Pas de la Bosse est plus facile mais se fait en compagnie de nuées de moustiques qui s’en donnent à coeur joie (et je n’ai plus la force d’essayer de me protéger). A 21h30, juste avant la tombée de la nuit, nous retrouvons enfin la voiture sur le parking.

Le temps de refaire la route jusqu’à Thônex, il est 23h lorsque j’arrive chez moi. Abandonné tout seul depuis 4h du matin, Frimousse était vraiment content de me voir !

Frimousse
Frimousse est content de me voir !

 

Les Papys Lions Acte II : le tour des Cornettes

Avec un mois de juillet passablement humide et des emplois du temps bien remplis (surtout pour les papys qui doivent s’occuper de leurs petits enfants !), c’est le 31 juillet que nous nous retrouvons pour terminer ce que nous avions commencer un mois plus tôt. Cette fois, pas question de refaire toute la voie, mais juste d’aller ouvrir les dernières longueurs qui nous manquent… et en profiter pour faire une belle balade en montagne.

Cette fois le départ se fait à une heure plus décente et nous démarrons vers 9h30, toujours au départ de Bise. Nous suivons le chemin classique de la montée aux Cornette en suivant le couloir du Séraukin que nous avions descendu la dernière fois. Les pluies abondantes des jours précédents ont détrempé le terrain et par endroits il faut faire preuve de beaucoup de concentration pour ne pas se transformer en une star de Holiday on Ice à chaque pas.

Ressaut sommital
Ressaut sommital
Sortie de la voie sur l'antécime
Sortie de la voie sur l’antécime

Les services météo ont annoncé une belle journée ensoleillée, mais toute cette humidité ambiante peine à se dissiper et pour le moment nous restons dans les nuages jusqu’à la Brèche. Arrivés au pied du dernier ressaut, nous mettons les chaussons et sortons le matériel pour gravir les dernières longueurs. Une simple formalité par rapport au reste de la voie… et à 13h30 nous voici au sommet de secondaire des Cornettes au moment même où le soleil commence à percer. Cette fois c’est bon, la voie des Papys Lions est officiellement ouverte !

Entre les deux sommets
Entre les deux sommets
Sommet des Cornettes de Bise
Sommet des Cornettes de Bise

On repasse en équipement randonnée pour la suite de la journée : traversée jusqu’au sommet principal avec, au passage, la rencontre avec un troupeau de plus de 20 chamois. Pause au pied de la croix, à 2432 m, en compagnie d’autres randonneurs. Puis descente par la voie classique des chalets de la Calaz et le col de Vernaz.

Chamois curieux
Chamois curieux
Sommet des Cornettes de Bise
Sommet des Cornettes de Bise
Chamois dans les nuages
Chamois dans les nuages

Nouvelle pause aux chalets Toper histoire de refaire le plein d’eau à l’abreuvoir des vaches puis longue traversée sous la face Sud pour rejoindre les chalets de la Cheneau. Si au départ il y a une bonne piste qui part de Toper, celle-ci s’arrête assez vite et il faut ensuite composer avec des sentes à vaches, voire même carrément à flanc de montagne dans les pentes d’herbes. Un passage un peu ardu, mais heureusement pas trop long. Cette fois ce ne sont pas les moustiques, mais les taons qui en profitent pour s’en prendre à mes bras et mollets dénudés.

Chalets Toper
Chalets Toper
Face Sud des Cornettes de Bise
Face Sud des Cornettes de Bise

Une fois rejoint le sentier qui arrive depuis Chevenne, il ne reste plus qu’à remonter jusqu’au Pas de la Bosse et à redescendre derrière jusqu’au parking que l’on rejoint vers 18h30.

Pour terminer cette belle journée en montagne, nous faisons une petite halte chez Patrick et Sandrine qui tiennent la buvette du Lac de Fontaine. Un endroit très sympa que je vous recommande !

Les liens pour en savoir plus :

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