Balmat et Paccard

Chamonix, ton âme fout le camp !

Flashback années 80s.

C’est l’époque où je découvre les joies de la montagne avec quelques bons amis. Je passe pas mal de week-ends à Chamonix qui se trouve à moins d’une heure de voiture de chez moi. On se retrouve souvent à l’aube au parking de l’Aiguille du Midi (stationnement gratuit à l’époque !) pour prendre la première benne, réservée aux alpinistes. Comme Internet n’existe pas encore, il faut être là un peu à l’avance si on veut être certain d’avoir le départ de 6h. Mais au pire on a une place dans la benne suivante et ce n’est pas trop grave.

Dans la gare de départ, on papote avec les employés. Ceux qui travaillent là sont des habitants de la vallée et des passionnés de montagne eux aussi. Ils s’intéressent de savoir quelle course on va faire, nous donnent parfois des tuyaux concernant les conditions et nous souhaitent une belle journée lorsque l’on embarque pour aller « là haut ». Le soir, quand on rentre, ils nous demandent si tout s’est bien passé, et quand on vient régulièrement comme moi, on retrouve des têtes connues à chaque passage et des liens se créent.

Vue sur le Mont Blanc
Le Mont Blanc vu depuis Plan Praz

Je n’ai jamais eu la prétention d’être une alpiniste de haut niveau, mais à cette époque on avait un peu l’impression de faire partie de la grande famille de la montagne lorsqu’on débarquait avec ses grosses chaussures, son sac à doc et son piolet à la main. Il y avait une sorte de complicité avec ceux qui bossaient là, par opposition aux contacts qu’ils pouvaient avoir avec les autres visiteurs, venus simplement pour admirer les montagnes et la vue depuis la terrasse à plus de 3800 mètres. Attention ! Je n’ai absolument rien contre ces personnes, bien au contraire. Mais je dis juste qu’on nous faisait sentir que nous, nous étions un peu différents car, comme ceux de la vallée, on ne se contentait pas de contempler la montagne, on la vivait.

Cela se faisait encore plus sentir lorsqu’on devait redescendre de l’Aiguille du Midi ou du Plan de l’Aiguille après avoir fait une course. A la simple vue de notre équipement et nos mines souvent fatiguées, le préposé à la cabine s’arrangeait pour nous caser le plus rapidement dans une benne descendante afin que l’on puisse regagner la vallée pour profiter d’une bonne douche et d’un repos bien mérité. Il en était ainsi pour tous les alpinistes, tellement peu nombreux par rapport aux autres visiteurs que cela ne posait aucun problème d’en faire passer 4 ou 5 en priorité dans chaque benne.

Les guides de montagne avaient droit, eux aussi, à un traitement de faveur puisqu’ils bénéficiaient de la gratuité sur les remontées lorsqu’ils étaient accompagnés de clients. En contrepartie, les guides (et parfois leurs clients) se mettaient spontanément à disposition en cas de problème sur le domaine. C’est ainsi, alors que je faisais un stage de ski hors piste, que je me suis retrouvée à faire des recherches à la sonde pour retrouver un skieur enseveli sous une avalanche à la Flégère. En moins de 30 minutes tout le dispositif de secours s’était mis en place. Un hélicoptère faisait des rotation pour amener des sondes et des chiens sur les lieux, et des vagues de plusieurs dizaines de sondeurs  volontaires se mettaient en place sous la conduite des pisteurs. Cela reste pour moi un souvenir très fort et un bel exemple de solidarité montagnarde. D’autant plus fort, qu’au bout de 90 (très longues) minutes, nous avions retrouvé la victime, sous plus de 6 mètres de neige… et vivante !

La vallée de Chamonix
La vallée de Chamonix depuis le chalet des Pyramides

Mais tout ça c’était avant.

Il y environ 15 ans, les remontées mécaniques de la vallée, jusque là indépendantes les unes de autres, ont fusionné pour créer la Compagnie du Mont Blanc (CMB). La fusion n’était probablement pas une mauvaise idée en soi, mais derrière la CMB il y a la Compagnie des Alpes (CDA), une société spécialisée dans les domaines et les parcs d’attractions, dont le siège se trouve en région parisienne et qui est cotée en bourse. Dès lors, tous les changements, année après année, ont eu pour seul but de rendre le domaine plus attractif et surtout plus rentable.

Cela a commencé par la gratuité accordée aux guides qui a rapidement été supprimée. Si les guides de la vallée, fort de leur nombre, ont pu conserver quelques prérogatives, il n’en est pas de même pour les autres, simplement de passage. Certes il n’y a quasiment plus de domaines aujourd’hui qui offrent la gratuité totale en France ou en Suisse (bien que cela se pratique encore couramment dans les Dolomites), mais il est tout de même usuel d’accorder une ristourne aux professionnels sur présentation d’un justificatif. Et là, la CMB fait très fort !

En effet, plutôt que d’accorder, par exemple, 50% de rabais sur le parcours désiré (comme cela se pratique ailleurs), la CMB, en grand seigneur, offre aux professionnels un forfait « Mont Blanc Multi Pass » avec 75% de rabais. Ce forfait donne accès à l’ensemble des remontées pendant une journée. Sauf que quand on a prévu de faire une course avec un client, le but n’est généralement pas de passer sa journée dans les remontées pour profiter de la vue sur les sommets. Concrètement, pour un faire Chamonix/Plan Praz en aller-retour qui coûte 16,50 euros plein tarif, le professionnel se voit proposer un forfait journalier à 14,60 euros (c’est-à-dire 25% de 58,50 euros), soit un rabais royal de 1,90 euros !

L'Aiguille Verte et les Drus
L’Aiguille Verte et les Drus

Rentabilité quand tu nous tiens !

Les autres changements sont dans le même registre : les parkings sont tous devenus payants. Ils ne sont pas bon marché et il n’y a pas de rabais accordé à ceux qui empruntent les remontées (normal, tout est bon pour faire payer les visiteurs !). Et puis au niveau des horaires, la CMB pense aussi rentabilité maximale. Finie la benne matinale des Grands Montets au printemps qui permettait aux randonneurs à ski d’aller faire des courses à la journée comme le Glacier du Tour Noir ou les 3 cols. Maintenant la première benne est à 8h30 pour tout le monde et quand j’ai posé la question un jour aux caisses pourquoi il n’y avait plus de départ matinal pour les randonneurs, on m’a répondu que je n’avais qu’à aller dormir au refuge d’Argentière pour faire la course le lendemain.

Quant au contact humain que l’on pouvait avoir par le passé avec les employés, celui-ci a également totalement disparu. Aux caisses, il est impossible d’avoir une information concernant autre chose que les prix et les horaires des remontées, les hôtesses n’étant pas payées pour vous renseigner sur les tarifs du parking adjacent ou les itinéraires de randonnées. Ceux qui poinçonnaient nos billets il y a 30 ans ont depuis longtemps été remplacés par des machines qui se contentent d’émettre un « bip » et d’allumer une lumière verte à notre passage. Quant aux cabines, entièrement automatiques, les portes s’ouvrent et se ferment toutes seules si bien que le seul employé présent sur les lieux se contente de rester enfermé dans son bocal de contrôle, comme s’il voulait éviter tout contact avec les visiteurs.

Bien sûr tout n’est pas que négatif et depuis 15 ans les importants investissements faits par la Compagnie du Mont Blanc et son principal actionnaire la Compagnie des Alpes ont permis la modernisation de plusieurs remontées et infrastructures de la vallée. Quoique, quand je vois à quoi ressemble la gare de la télécabine de Plan Praz, j’ai tout de même l’impression que les actions sont toujours axées sur la rentabilité et que l’esthétisme et le côté environnemental passent nettement au second plan.

Gare de la télécabine de Plan Praz
Gare de la télécabine de Plan Praz

Oui, Chamonix a bien changé depuis les années 80s. La station se revendique toujours « capitale de l’alpinisme » et cet été elle célèbre en grandes pompes les 150 ans de l’âge d’or de la conquête des Alpes. Mais Chamonix a perdu son âme et son ambiance qui faisait tout son charme pour les alpinistes et les amoureux de la montagne et qui la distinguait des stations voisines. Certains me traiteront probablement de vieux dinosaure nostalgique, mais je l’assume pleinement et n’hésite pas à dire haut et fort que Chamonix, c’était mieux avant.

 

Balmat et Paccard
Statue de Jacques Balmat et Michel Paccard face au Mont Blanc

26 réflexions au sujet de “Chamonix, ton âme fout le camp !

  1. Bel article qui relate bien l’évolution des comportements dans nos montagnes. C’est une évolution générale.

  2. Merci Jean-Michel. Je suis bien consciente que cette évolution n’est pas propre à Chamonix et qu’elle est le reflet de l’évolution de notre société et notre mode de vie. Je vais de plus en plus rarement à Chamonix (guère plus qu’une ou deux fois par an maintenant), mais à chaque fois, je ne peux m’empêcher de constater, avec désolation, à quel point tout ce qui faisait le charme de cette station est en train de disparaître.

  3. Oui c’est vrai ….. Etant de Chamonix, je suis pourtant installée à l’extérieur de la vallée pour mon travail qui m’a fait déménagé. Je reviens plusieurs fois dans ma vallée qui me manque et à chaque fois j’ai un pincement au cœur. Où est Chamonix de mon enfance ? Cette ville de montagne ou l’on voyait déambuler les alpinistes, les vrais, avec leur habit de circonstance, affûblés de cordes et piolet à l’épaules, sans compter leur gros sac à dos… Les premières bennes partant tôt le matin, remplies de ces « visiteurs » enthousiasmes discutant entre eux et les employés…. Plus de convivialité….Autant de béton et d’indifférence…. Je suis désolée de voir le modernisme s’infiltré partout… Où sont ces chalets en bois aux lourds volets colorés, les toits bordés de dentelles en bois aussi de ces maisons chaleureuses…. engloutis par des barres et cubes de béton grisâtre ! Cette petite ville de montagne avec son charme particulier est devenue citadine comme n’importe quelle autre ville, grouillante, malpropre par la populace inconsciente et sans respect. Au Mt Blanc piétiné, où l’on a ramassé 3 tonnes de déchets l’été dernier. Même les glaciers l’abandonnent à sa triste destinée !
    Le charme est rompu, Chamonix n’est plus ….

  4. Bonjour Muriel,
    Merci pour votre commentaire… que je partage pleinement. Je suis aussi toujours un peu surprise de constater qu’après toutes ces années, Chamonix continue à se construire et à s’agrandir. Et comme l’espace au sol est forcément limité dans la vallée, la seule solution consiste à construire… vers le haut ! 🙁

  5. moi je patinais ,et le Cham des années 60-65 avait également un charme particulier pour tous . Sport et après sport. Années Calmat Joubert Oger-Renard .Cham encore un village ,je suis nostalgique .. merci pour cet article.

  6. Très bel article plein de réalité. À savoir aussi que la compagnie du mont blanc met en place à partir de cette année aux grands montets une première cabine du matin avec supplément pour accéder aux premières traces du domaine. Ainsi les skieurs de la vallée s’ils n’ont pas l’argent pour payer n’aurons plus que les yeux pour pleurer et regarder les bourgeois rayer les pentes comme des luges à foin. cela ne serait il pas de la discrimination par le fric?

  7. Merci beaucoup de m’avoir avertie ! Il y a bien un lien tout en bas de la page qui renvoie vers mon site, mais je trouve que cela aurait été la moindre des choses de faire figurer mon nom et surtout de me demander la permission préalable. Grâce à votre message je vais tout de suite les contacter pour tenter de faire rectifier la situation.

    Bonne journée et merci pour votre visite !

  8. Merci pour l’info concernant la première benne… à supplément. Cela confirme bien que pour la Compagnie du Mont Blanc le profit compte bien plus que l’esprit montagne !

  9. Je me dois de poster mon avis car je ne partage pas votre sentiment
    Tout le monde sait que cette vallée est riche et l’est de plus en plus comme d’autres endroits dans le monde d’ailleurs et bien évidemment cela a un impact sur les infrastructures, sur les commerces, sur la façon dont on vit la bas
    Quoi qu’il en soit je pense que l’âme d’une ville comme chamonix n’est pas dans cette ville, l’âme de chamonix est dans le cœur des alpinistes, des trailers, des randonneurs ….et cela subsistera toujours
    L’argent n’a pas de prise sur l’âme de chacune de ces personnes qui savent pour quelle raison elles sont la a arpenter les sentiers, les glaciers, les couloirs etc etc
    Un endroit n’a que la définition qu’on veut bien lui donner, cela fait 20 ans que je vais dans cette ville et j’aime toujours autant y aller car j’y retrouve ce que j’aime c’est à dire la montagne : mon bonheur, l’âme de cet endroit est là et nulle part ailleurs
    Le reste n’est qu’ ostentation, paraître…et si vous aimez la montagne Chamonix aura toujours sa place

  10. Nath le 28 juillet 2015 à 10:28
    Votre article a été plagié par le site Kairn qui se l’ai réapproprié sous son propre nom :http://www.kairn.com/fr/milieu-montagne/95351/montagne-alpes-chamonix-ton-ame-fout-le-camp.html

    Pour qu’il y est plagiat, outre la « copie » de l’article initial, il faudrait que l’article de Kairn ait une signification…
    Or tel que présenté, il n’en a aucune, si ce n’est une invitation à poursuivre la lecture ailleurs et cet ailleurs est justement le blog « les balades de Bibi »

  11. Bonjour Nicolini et merci d’avoir partagé votre point de vue ici. Je suis bien d’accord que ce qui compte avant tout ce sont les montagnes et les magnifiques paysages que l’on peut contempler quand on se trouve dans cette vallée. Et en tant que photographe amateur, je sais bien de quoi je parle. J’apprécie encore grandement de venir dans le coin quand je me contente de parcourir les sentiers comme le mois dernier lorsque je suis montée au Lac Blanc depuis le col des Montets… une merveilleuse journée.

    Mais malheureusement, les rares fois où il m’arrive d’emprunter les remontées mécaniques, comme le week-end dernier pour aller faire une voie d’escalade du côté du Brévent, force est de constater que les relations avec les personnes qui y travaillent n’a plus rien à voir avec ce qu’elles étaient par le passé. Et c’est ça que j’ai essayé de décrire dans ce billet.

    Je vous souhaite de belles balades à Chamonix… et ailleurs ! 🙂

  12. Patiner face au Mont Blanc dans les années 60s devait être tout simplement magnifique ! Merci pour votre visite et votre commentaire Martine.

  13. C est vrai je suis bien d accord avec tout cela mon papa Qui était au pghm est mort de sa passion mais quand j y retourne que de changement.cordialement.nelly.chere.

  14. Les tonnes ramassées sont des câbles, des boîtes de conserves, des bouteilles, jetées dans le glacier pendant ces années que vous regrettez tant… Années pendant lesquelles le centre-ville était encombré de voitures garées partout, il fallait deux heures pour rouler du Fayet à Chamonix, la pollution était bien pire qu’aujourd’hui (mais on en parlait pas), on dormait dans des refuges immondes à la nourriture abjecte… C’était le bon temps ma bonne dame ! Aujourd’hui on paye quelques euros pour garer sa voiture, les guides payent pour utiliser les remontées mécaniques, et on ne poinçonne plus les tickets, quel scandale inadmissible !!!
    Pour info, il y a encore des cabiniers dans les bennes, et des contrôleurs aux contrôles de tickets, et ils sont heureux de taper la causette si vous leur dites bonjour avec le sourire.

  15. Ya même un p*t**n de macdo et des barres d’habitations immondes, j’ai été déçu en passant par la l’an passé.
    Quand à aller y skier…vu le prix du forfait ça refroidit :/

  16. Bonjour,

    « l’esthétisme et le côté environnemental » Connaissez vous les règles de rénovation et construction françaises en montagne? Et la difficulté de créer une architecture esthétique en suivant ces règles?

    « au printemps qui permettait aux randonneurs à ski d’aller faire des courses à la journée comme le Glacier du Tour Noir ou les 3 cols »
    Je n’étais pas au courant que ces courses ne se faisait pas en prennant la benne à 8h30… vu la foule de gens qui partent pour ces courses au printemps je doute qu’ils soient tous monté en ski de rando depuis le bas car la benne est trop tard pour le faire…

    « quand j’ai posé la question un jour aux caisses pourquoi il n’y avait plus de départ matinal » Leur réponse manque peut-être de tacte mais demandez-vous à une caissière d’hyper marché pourquoi les yaourts ont encore augmentés? ne faudrait-il pas poser les questions aux bonnes personnes?

    « En contrepartie, les guides (et parfois leurs clients) se mettaient spontanément à disposition en cas de problème sur le domaine. » Pensez-vous réellement que les professionnels de la montagne comme des guides ne se mettent pas à disposition spontanément en cas de problème quand ils voient un accident comme une avalanche sur un domaine car ils payent maintenant leur forfait? Faîtes attention à ce que vous dites vous pourriez en mettre plus d’un en colère! Les mots « en contrepartie » sont quand même mal venu…

    Certes le charme de Chamonix n’est plus le même qu’avant mais n’exagérons pas les choses au point de raconter n’importe quoi… Si le charme de Chamonix disparaît pour vous c’est que peut-être vous vous êtes lassé de ces magnifiques courses, de ses innombrables possibilités (le téléphérique de l’aiguille du midi, le télécabine de Planpraz sont des jouets exeptionnels pour partir en montagne à la journée), et des discutions avec les autres passionnés de montagnes venant du monde entier…

  17. Bonjour Jimmy,

    Ce texte n’est rien de plus que l’expression (très) personnelle de mon ressenti par rapport au changement d’ambiance dans la vallée de Chamonix. Je ne prétends aucunement qu’il s’agit d’une vérité et n’oblige absolument personne à partager mon avis, même si un certain nombre de lecteurs m’ont dit qu’ils éprouvaient la même chose.

    Loin de moi l’idée de dire que les guides ne se mettraient plus à disposition en cas de secours sur les pistes ou ailleurs. Vous avez mal interprété mes propos. Je voulais dire qu’à l’époque, les stations leur offraient la gratuité en « échange » du fait qu’ils étaient présents en cas de problème (du moins c’est ainsi qu’on me l’avait expliqué). Aujourd’hui, ils sont toujours bien présents et prêts à donner un coup de main, mais simplement ils paient leur forfait en plus.

    Quant aux courses au départ de la benne de 8h30, cela est bien sûr possible. Mais le décalage fait que l’on descend un peu plus tard dans les grandes pentes du Glacier du Tour. On prend donc un peu plus de risques…

    Tant mieux si pour vous Chamonix a toujours son charme. En ce qui me concerne, je ne dis pas qu’il n’en a plus… juste qu’il en a beaucoup moins qu’avant ! 😉

    Merci pour votre visite et je vous souhaite de belles courses !

  18. Ceux qui me connaissent vous diront que je dis toujours bonjour en souriant. Mais bien souvent les cabiniers sont pris par leur travail et ils n’ont pas vraiment le temps de papoter. La dernière fois que j’ai dit bonjour à l’Aiguille du Midi on m’a répondu « Les sacs à dos par terre » !

    OK, ça s’adressait à tout le monde et pas qu’à moi et ce jour là il fallait faire monter les skieurs à la Vallée Blanche. Mais promis, je reviendrai à l’intersaison quand le personnel est un peu moins sous pression. 😉

    Merci Tim pour votre visite.

  19. Je suis moi aussi chamoniarde et suis née dans cette belle vallée que j’aime et dans laquelle je me sens bien… Certes bon nombre de choses ont changé : il est vrai que Chamonix a perdu un peu de son âme : le progrès, la rentabilité, le tourisme ont quelque peu modifié son authenticité …. les habitants sont désormais cosmopolites et les « vrais chamoniards » sont désormais denrée rare…. mais il est agréable de constater que certains ont su insuffler à cette vallée un certain vent de nouveauté : nous avons désormais un festival de musique le Cosmo Jazz et merci à André MANOUKIAN chamoniard d’adoption d’avoir su mettre en place cette belle manifestation…. Oui la Compagnie du Mont-Blanc cherche une rentabilité à tout prix au détriment peut-être d’une certaine qualité : il est vrai que parfois l’accueil laisse à désirer que ce soit au niveau des caissières ou des cabiniers…. Malgré tout ceci, cette vallée attire toujours autant de passionnés et de touristes mais il serait bon que certains prennent conscience que ce n’est pas un acquis qu’il faudrait peut-être améliorer l’amabilité dans certains commerces ou restaurants….
    Moi aussi j’ai connu le bon vieux temps mais il faut savoir avancer et reconnaître que certains aménagements de Chamonix nous facilitent la vie…. On ne peut pas toujours regarder en arrière….

  20. Bonjour,

    Je comprends votre « nostalgie » (je ne trouve pas d’autre mot…), mais effectivement ce que vous décrivez n’est pas propre à Chamonix, ni à la montagne… même si je peux vous dire qu’il y a 60 ans, Cham avait encore davantage « d’âme », et sans doute encore plus au début du siècle dernier… et quand on damait ensemble les pistes avant de skier comme je l’ai fait à La Clusaz dans les années 50, l’ambiance était forcément bien différente !
    Ce que vous ressentez est la rançon de la massification et de la surfréquentation consommatrice du tourisme et des loisirs, entraînant leur banalisation et transformant la nature d’abord en « terrain de jeu » (c’était la mauvaise pente, quoi qu’encore assez noble..) et maintenant en pur et simple « entertainment »…

    En même temps, nous n’y pouvons rien car c’est le mouvement général de la société, et nous ne pouvons pas interdire aux nouvelles générations les lieux que nous avons aimé jadis en tant qu' »happy few »… Heureusement la nature et les montagnes sont encore là (pour combien de temps en ce qui concerne les glaciers ?…), mais pour les retrouver il faut sortir des sentiers rebattus, des itinéraires balisés surfréquentés, et se réfugier dans les coins perdus, loin du luna-park des remontées mécaniques, si possible hors vacances, en semaine et par « mauvais » temps… à ce prix et si le cœur y est toujours, on peut encore s’émerveiller de simples balades comme jadis des grandes courses. Bonnes balades !

  21. Je suis née à Chamonix, Dieu merci, quelle chance! J’y ai grandi, j’y ai skié, j’y ai fait la bringue, je m’y suis amusée puis un jour je suis partie, d’abord à Lyon pour faire des études puis à l’étranger, dans un autre pays de montagnes, le Népal… J’y ai passé dix merveilleuses années et quand je suis rentrée, à Chamonix, personne ne m’a reconnue et je n’ai plus rien reconnu non plus! Alors je suis repartie et je ne reviendrai jamais y vivre. Parce que le Chamonix d’aujourd’hui, c’est l’argent, le look, la frime mais où est passé l’authentique ? Où sont passées les vraies tartes au myrtilles, le reblochon maison, les guides aussi instituteurs qui avaient mille histoires à raconter ? Non, j’y retournerai pas vivre, c’est flippant ce dénuement!!!

  22. Bonjour Catherine,

    Rassurez-vous, je sais aussi me tourner vers avenir ! 🙂

    J’ai juste écrit ces quelques lignes après un passage dans votre vallée où j’ai constaté ces changements par rapport à ce que j’ai pu connaître par le passé. Je suis bien consciente que cette évolution n’est pas propre à Chamonix et qu’il faut aussi savoir avancer et accepter les changements… mais cela n’empêche pas d’être un peu nostalgique.

    Je découvre grâce à vous l’existence du festival de musique et je suis contente de savoir qu’une chamoniarde de souche se sent encore bien chez elle. Mon texte n’est que le point de vue d’une personne qui passe dans la vallée en tant que visiteur (généralement à la journée) et c’est certainement bien différent d’y vivre en permanence.

    Merci d’avoir partagé votre commentaire ici !

  23. Bonjour François,

    Tout à fait d’accord avec vous. Les changements ne sont pas propres à la vallée de Chamonix et on n’y peut pas grand chose. Avoir un petit coup de blues ne signifie pas que je refuse toute évolution. 🙂

    Merci pour votre passage et belles balades à vous aussi !

  24. je comprends cette nostalgie des vrais gens de Cham …le dernier message me donne la chair de poule ! malheureusement combien de nos villages montagnards ont perdu toute leur âme au profit du tourisme ? oui nous avons besoin du tourisme dans notre économie, mais à quel prix ? !!!!
    bravo Bibi pour toutes ces photos et sentiments exprimés aux dépends de remarques désobligeantes. et ne désarme pas, ce sont les gens comme toi qui nous aident à garder le côté authentique de nos régions ¨! Corine, garde le meilleur de Cham en souvenir….cela reste tout de même un site exceptionnel dont tu dois toujours être fière !
    ¨¨

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