Du val d’Anniviers au Simplon

Je ne pouvais pas me libérer pour faire l’intégrale de cette traversée, mais dès le vendredi après-midi j’ai pris le train afin de me rendre à St. Luc dans le val d’Anniviers pour y rejoindre Jean-Pierre et son groupe, partis depuis le lundi matin de Verbier.

Samedi 21 mars 2009
Après une sympathique soirée à l’Auberge du Prilet, nous rejoignons le parking du funiculaire samedi matin, sous un soleil radieux. Tandis que nous parcourons les derniers mètres à pied en direction de la gare, deux randonneurs nous informent que le funiculaire est en panne et que le personnel ne peut encore rien dire quant à la durée de celle-ci. Ils ajoutent qu’ils vont donc partir à peaux depuis le bas… En ce qui nous concerne nous décidons de poursuivre jusqu’aux caisses pour voir ce qu’il en est. En fait, la situation ne semble pas aussi dramatique qu’on nous l’avait présentée. Le personnel est effectivement en train de contrôler l’installation et ils nous disent que ça ne doit pas être bien grave. Nous décidons donc de patienter un peu avant de prendre une décision.

Pendant ce temps la navette vient déverser son flot de skieurs toutes les 8 minutes environ. Nous rigolons en voyant les ignorants qui sortent du bus et se précipitent vers les caisses croisant les impatients qui ont décidé d’emprunter la navette jusqu’à Chandolin pour gagner le domaine skiable. Parmi ces derniers, plusieurs randonneurs qui visiblement ne croient pas en une réparation rapide. Finalement, après moins de 20 minutes d’attente nous nous retrouvons dans le funiculaire qui nous monte jusqu’aux pistes en l’espace de quelques minutes… et nous ne regrettons pas d’avoir fait le choix d’attendre.

Trois tire-fesses nous permettent de gagner Bella Tola, le sommet de la station d’où nous entamons notre descente. Bien vite nous quittons le domaine des pistes balisées pour plonger dans la combe du Bortertälli qui rejoint le Turtmanntal. La neige est un peu soufflée, mais cela n’empêche pas les experts (dont je ne fait pas partie) d’enchaîner les virages. L’itinéraire est plutôt tranquille, sans pentes raides et si la neige était plus poudreuse ou plus transformée cela serait parfait (là, je parle pour moi).

Nous passons plusieurs petits chalets d’alpages, puis arrivons à la hauteur de la forêt. A partir de la il suffit de se laisser glisser le long du chemin descendant (on n’a jamais eu à pousser sur les bâtons) pour rejoindre le village d’Oberems où nous arrivons un peu avant 13 heures, après une descente de plus de 1700 mètres. En utilisant le clocher de l’église comme point de repère pour nous orienter, nous ne tardons pas à trouver le seul restaurant du village (comme d’habitude, il se trouve sur la place la plus proche de l’église). Jean-Pierre repère un minibus avec des plaques allemandes qui est sur le point de quitter les lieux. Il réussi à vite négocier pour se faire emmener afin d’aller chercher notre véhicule, resté à St. Luc.

Pendant ce temps, Alain, Noël, Christian et moi en profitons pour tester la gastronomie locale au Emshorn Hotel – Restaurant… et nous ne sommes pas déçus. Non seulement la nourriture est bonne (Älpermacaroni), mais en plus la salle du restaurant bénéficie d’une vue panoramique sur la vallée du Rhône et les sommets environnants. Au bout de 90 minutes, Jean-Pierre est de retour et nous embarquons à bord de notre bus pour nous rendre à Visperterminen.

J’apprends que cette petite localité, perchée à 1200 m au-dessus de Viège, est réputée pour son vignoble qui est le plus haut d’Europe. Le vin appelé Heida (ou Païen) est un vin doré et aromatique, également surnommé la perle des vins alpins. Nous ne manquerons pas d’en déguster une bouteille en guise d’apéro ce soir là. Mais auparavant nous profitons des derniers rayons du soleil pour aller nous balader dans ce pittoresque village aux nombreux chalets en bois et aux toits de lauzes qui bordent des ruelles étroites.

Dimanche 22 mars
Malgré des températures glaciales et une bise persistante, ce sont toujours le ciel bleu et un soleil rayonnant qui dominent la météo de ce dernier jour. Après un petit déjeuner copieux, nous gagnons le départ du télésiège qui se trouve à côté de notre hôtel. Là nous apprenons que le tire-fesses que nous avions prévu de prendre pour gagner la crête est en panne… décidemment ça devient une habitude ! Mais un rapide coup d’œil au plan de la station nous permet de voir qu’une autre remontée nous permettra d’arriver presque aussi haut.

C’est donc après une (très) petite séance de portage que nous chaussons les skis pour entamer la descente vers le Nanztal. Comme hier la neige n’est pas optimale (pour moi) et j’avoue que je n’apprécie pas énormément la traversée de ces grandes pentes avec tout ce vide sous mes skis. Heureusement nous sommes assez vite en bas et nous mettons les peaux pour remonter sur le versant d’en face.

Fort de son expérience de l’année dernière, Jean-Pierre décide de ne pas passer le premier col (qui oblige à une traversée pour gagner ensuite le col du Simplon), mais nous emmène vers le Üssere Nanzlicke qui nous permettra de descendre directement vers l’hospice. Nous commençons par une montée raide dans la forêt, puis enchaînons avec une longue traversée qui permet de rejoindre notre col.

Le début de la descente est en neige transformée… c’est que du bonheur ! Mais malheureusement cela ne dure pas bien longtemps et dans le bas de la combe on alterne entre neige cassante et surface toute tracée… et gelée. Je ne suis pas mécontente d’enlever les skis au bord de la route. Alors que nous attendons le passage du prochain car postal, Alain nous fait la surprise de sortir une bouteille de champagne pour fêter cette dignement cette fin de raid et je sors mon appareil photo pour immortaliser cet instant…

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