Ischgl-Samnaun : le ski au paradis des contrebandiers

Après l’épisode dramatique que j’avais choisi de vous raconter dans mon précédent billet, voici à nouveau une anecdote historique, mais plus amusante cette fois. Il s’agit de l’histoire de la vallée de Samnaun, située à l’extrême Est des Grisons, dans le triangle formé par la Suisse, l’Autriche et l’Italie. Bien que située sur le territoire helvétique, la vallée de Samnaun présentait la particularité de n’être accessible qu’à partir de l’Autriche, soit en passant par les cols alpins pour rejoindre le Paznauntal, soit par la route de Spiss. Ce n’est qu’en 1905 qu’une route fut construite pour relier Samnaun à Martina dans la vallée de l’Inn.

Arrivée à Samnaun par la piste "Duty Free Run"
Arrivée à Samnaun par la piste « Duty Free Run »

Les habitants de cette vallée isolée avaient donc pris l’habitude de faire du commerce avec leurs voisins autrichiens jusqu’à ce que la mise en place de la réglementation douanière en Suisse mette un terme à ces procédés de libre-échange. Privés de leur principale source de revenu, les habitants de la vallée ont alors demandé au Conseil Fédéral que Samnaun soit exclu du territoire douanier suisse et exempt de la TVA, requête qui fut acceptée en 1892 et qui perdure encore aujourd’hui pour le plus grand plaisir des touristes.

Duty Free Shopping à Samnaun
Duty Free Shopping à Samnaun

Hormis le shopping, Samnaun est également une station de ski reliée au domaine d’Ischgl (prononcer « Ich gueule ») en Autriche. L’ensemble, offre un total de 41 remontées mécaniques pour plus de 230 km de pistes balisées. La piste numéro 80 qui part du sommet du Palinkopf à plus 2800m et qui permet de rejoindre Samnaun mille mètres plus bas est également connue sous le nom de « Duty Free Run ».

Le téléphérique de Samnaun à deux étages
Le téléphérique de Samnaun à deux étages
Spécialité locale : Samnauner Rösti
Spécialité locale : Samnauner Rösti

Sur le versant autrichien de la montagne, la station d’Ischgl n’a vraiment rien à envier aux « Best of the Alps » telles que Zermatt ou Cortina d’Ampezzo. Le village regorge d’hôtels qui paraissent tous plus luxueux les uns que les autres (comme le Trofana Royal), mais on y trouve également des petites pensions de famille, plus discrètes. Et en ce qui concerne le ski, une piste se termine carrément au milieu de la rue principale !

Ischgl : les terrasses aux peaux de moutons attendent les premiers consommateurs
Ischgl : les terrasses aux peaux de moutons attendent les premiers consommateurs
L'entrée de l'hôtel Trofana Royal
L’entrée de l’hôtel Trofana Royal
Le Trofana Royal
Le Trofana Royal
La piste se termine dans la rue principale d'Ischgl
La piste se termine dans la rue principale d’Ischgl

On y trouve également (côté Samnaun) le premier téléphérique à double étage du monde qui peut transporter 180 personnes et qui fut construit en 1996. Seul le Vanoise Express, mis en service en 2003 (entre La Plagne et Les Arcs) fait mieux avec un total de 200 personnes sur deux étages également.

Silvrettabahn, gare de départ d'Ischgl
Silvrettabahn, gare de départ d’Ischgl
Y'a du monde pour un lundi matin !
Y’a du monde pour un lundi matin !

Pour notre première journée autrichienne, nous avons profité au maximum du domaine Ischgl-Samnaun en parcourant presque toutes les pistes qui, malgré le faible enneigement de cette année, sont maintenues en condition  par la présence de nombreux canons à neige.

Sur le domaine d'Ischgl
Sur le domaine d’Ischgl

En fin d’après-midi, nous avons rejoint le bas des pistes à Gampenalpe pour retrouver nos sacs à dos (que nous avions confiés aux bons soins des pisteurs pour la journée) et entamer la remontée du Fimbatal jusqu’à Heidelbergerhütte… mais ça je vous le raconterai dans mon prochain billet.

1 réflexion au sujet de “Ischgl-Samnaun : le ski au paradis des contrebandiers

  1. Merci Bibi ! Je ne connaissais pas les « spécificités » de ce coin d’Helvétie, mais c’est marrant à lire ! 🙂 Et ça donne envie d’aller voir ce petit Monaco des Alpes !!! Et puis, en parcourant le profil, j’ai vu qu’un petit commentaire de temps à autre, ça ne te dérangeait pas. Du coup, je m’y attelle. Joli blog en tout cas. Moi, ça fait des années que je me dis qu’il faut que je me lance, mais toujours rien de fait. Donc chapeau bas et pas d’inquiétude si y a des « coups de mou » dans la rédaction: tenir un blog, c’est un peu comme en montagne, ça demande de… l’endurance ! 🙂

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