Le vol du Korbé aux Terres Maudites

Depuis quelques mois je n’ai pas la grande forme, suite à un méchant virus qui m’est tombé dessus sans crier gare. Du coup, pas de grands projets d’ascension, mais surtout des petites sorties, balades ou escalades, pour prendre l’air et me changer les idées en montagne…

Jusqu’à l’autre jour où mon premier de cordée préféré propose de m’emmener faire la voie qu’il a ouverte et équipée dans les Terres Maudites : le vol du Korbé. Tout de suite je lui répond que c’est une longue voie et que je n’ai certainement pas l’entraînement pour faire ça, mais comme d’habitude il me répond que oui, c’est un peu long, mais ce n’est pas très dur (surtout des longueurs en 4) et que tout va bien se passer. Et comme d’habitude, moi, je fais confiance…

Au pied de la paroi… c’est haut !

C’est ainsi que le samedi matin on se retrouve à 7h du matin au Chalet de Chardonnière, qu’on charge les sacs sur le dos et qu’on part en direction du pied de la paroi qui, à cette heure, semble assez austère vu que le soleil n’est pas encore levé. La marche d’approche est assez courte et, moins d’une heure après avoir quitté la voiture, Jean-Pierre entame la première longueur de la voie (qui en compte 19 au total).

Premières longueurs

Il m’a prévenue que les deux premières longueurs sont les plus difficiles.. et je confirme que c’est bien le cas. J’ai même plus de peine dans la deuxième où il reste beaucoup d’herbe et j’ai de la peine à trouver les bonnes prises (hormis les touffes d’herbes) pour m’aider à monter. C’est promis, Jean-Pierre et Jean-Marie vont revenir à l’automne pour nettoyer tout cela…

Dans les dalles

Au-dessus c’est vrai que c’est plus simple et on enchaîne les longueurs dans de grandes dalles avec des petits pas d’équilibre… ce que je préfère. 🙂

Vers le haut il faut franchir plusieurs petits toits. C’est un peu plus physique, mais ça se passe bien parce qu’il y a tout ce qu’il faut comme prises, et l’équipement est en place pour bien protéger le premier.

On se sent tout petit

Pour rejoindre la sortie il faut faire une longue traversée vers la gauche. C’est pas difficile mais impressionnant car, pour le moment, il n’y a pas d’équipement. Là aussi c’est prévu pour cet automne… En attendant, nous tirons une longueur d’environ 70m, en équilibre sur une dalle (niveau 3), assurés sur deux coinceurs et avec 300 mètres de vide sous nos pieds.  J’essaie juste de ne pas trop y penser quand c’est mon tour d’y aller…

Dernière longueur avant la traversée vers la sortie

Il reste une dernière longueur, verticale, mais toujours assez facile, dans une cheminée, pour rejoindre le plancher des vaches… enfin presque. On est bien sorti de la voie et dans un champ de hautes herbes, mais il faut encore remonter celui-ci jusqu’à l’arête pour gagner le chemin de descente.

Tandis que nous changeons de chaussures à la sortie de la voie, je sors la montre du sac pour regarder l’heure… 14h15 ! Cela fait plus de six heures que nous grimpons non-stop… pas étonnant que je sois un peu fatiguée. Heureusement que j’avais dit que je ne voulais pas faire une course trop longue…

A la descente, on retrouve les vaches…

Une fois sur l’arête, il n’y a plus qu’à suivre le sentier qui descend en passant par le col de la Golèse. C’est assez long, je suis fatiguée, mais je m’accroche. J’ai tout de même grignoté la moitié d’un Gerblé amande histoire d’ingurgiter un peu de sucre pour tenir le coup.

Réconfort au Chalet de Chadonnière

Enfin, vers 16h30 nous voici de retour au Chalet de Chardonnière où nous nous installons pour boire et manger un peu… tout en admirant la face que nous venons de parcourir. Ce jour là, nous étions la seule cordée dans la Face N des Terres Maudites. Il reste encore un peu de boulot pour terminer l’équipement et peaufiner le nettoyage des premières longueurs, mais je pense que d’ici un an ou deux, cette voie deviendra probablement une grande classique du Chablais ! 🙂

La paroi des Terres Maudites

Lien vers le topo de la voie


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