Obergabelhorn – le 50e

27 août 2008 : Montée à la Cabane du Rothorn

Le projet de collectionner les 4000 des Alpes n’est pas une entreprise que j’ai longuement planifiée, mais au fil des années, en voyant ma liste de sommets s’allonger, je me suis peu à peu prise au jeu et à chaque fois que j’en ai l’occasion, j’essaie donc d’en rajouter de nouveaux. C’est ainsi qu’il y a trois semaines, après avoir effectué l’ascension du Mont Maudit, je me suis rendu compte que le suivant serait le 50e… et pour marquer le coup je voulais un sommet qui sorte de l’ordinaire. Nous sommes donc partis cette semaine pour gravir l’Obergabelhorn par sa voie normale.

 

Gare de Täsch
Gare de Täsch

 

Dès 8 heures, nous voici à la gare de Täsch pour prendre le train de Zermatt. Il y a 1600 mètres de dénivelé pour monter à la cabane du Rothorn et nous ne voulons pas arriver trop tard afin de pouvoir récupérer avant la course du lendemain. 45 minutes plus tard nous empruntons la rue qui monte en face de l’église et qui s’élève au-dessus de la station valaisanne.

 

Hôtel Trift
Hôtel Trift

 

Les sacs sont lourds car nous avons fait le choix de monter avec des chaussures légères aux pieds et de porter les « grosses » avec le reste du matériel de montagne (un choix qui se révèlera payant, surtout pour la descente du lendemain). Une heure et demie plus tard, nous faisons une bonne pause à l’Hôtel Trift, où le patron nous propose son célèbre thé froid maison avant de repartir pour la cabane du Rothorn.

 

Rothorn Hutte
Rothorn Hutte

 

Le sentier s’élève ensuite le long d’une moraine. Il est bien tracé et monte régulièrement. Nous arrivons à la cabane du Rothorn à 13h15 et passons le reste de l’après-midi à nous reposer. La météo étant au beau fixe, la cabane affiche complet ce soir là avec des cordées partant soit pour le Zinalrothon, soit pour l’Obergabelhorn comme nous. Malgré tout, l’ambiance est très sympa et, grâce à la super organisation des gardiennes, tout se passe pour le mieux. Il faut aussi souligner la cuisine délicieuse… même si on aurait aimé avoir un petit dessert à la fin du repas.

28 août 2008 : Obergabelhorn et descente à Zermatt

Il est 4h45 lorsque nous quittons le refuge dans la nuit pour remonter le glacier de Trift et gagner le pied de l’arête rocheuse de la Wellenkuppe. Petite pause pour enlever les crampons puis on s’engage sur l’ascension de ce premier sommet. Il s’agit plutôt d’un cheminement que de l’escalade, sauf pour les 50 deniers mètres qui sont de niveau III.

 

La Wellenkuppe
La Wellenkuppe

 

Au sommet de cette partie rocheuse, nouvelle petite pause pour remettre les crampons et faire quelques photos avant de nous diriger vers le véritable sommet de la Wellenkuppe (en neige), situé 40 mètres plus haut. De là, l’itinéraire redescend vers un petit col avant de remonter en direction du Grand Gendarme, le premier passage technique de cette ascension.

 

Le Grand Gendarme
Le Grand Gendarme

 

Des cordes fixes sont en place pour faciliter cette partie en terrain mixte assez raide. Je trouve assez physique le fait de se tirer sur ces grosses cordes en étant soit sur les pointes avants des crampons sur de la glace ou encore avec les pieds à plats (toujours avec les crampons) sur du rocher lisse.

 

Vers le sommet
Vers le sommet

 

Une fois franchi le Grand Gendarme, on retrouve une arête en neige qui donne accès à la partie finale de l’ascension. D’habitude, celle-ci est en rocher sec et peut se gravir sans les crampons, mais avec la période de mauvais temps que nous venons de traverser, nous trouvons beaucoup de neige et de glace qui nous obligent à garder les crampons aux pieds et à faire des relais. De plus, certains points d’ancrage se trouvent sous la neige et obligent les premiers de cordées à prendre de nombreuses précautions pour s’assurer. Cette dernière partie, nous demande donc beaucoup de temps par rapport aux horaires habituels.

 

Le sommet de l'Obergabelhorn
Le sommet de l’Obergabelhorn

 

Enfin, à 11h15 nous voici au sommet de l’Obergabelhorn qui nous offre une vue splendide à 360° sur tous ses voisins. Le temps de faire 4 ou 5 photos et nous voici déjà repartis pour la descente qui va se révéler aussi technique que la montée. La neige et la glace nous obligent à faire des rappels dans la partie supérieure et cela prend encore une fois beaucoup de temps.

 

Vue sur le Grand Gendarme et la Wellenkuppe
Vue sur le Grand Gendarme et la Wellenkuppe

 

Depuis un des relais, j’en profite pour faire une photo de l’arête avec le Grand Gendarme et la Wellenkuppe dans le fond. La descente du Grand Gendarme requiert aussi plusieurs rappels et ensuite il nous faut remonter au sommet de la Wellenkuppe avant de replonger vers le départ du tronçon rocheux. Là, nous faisons une pause pour enlever les crampons et nous en profitons pour partager une tartine de Nutella (faite au refuge ce matin) et boire quelques gorgées d’eau pour la première fois de la journée.

 

Zinalrothorn
Zinalrothorn

 

Pendant cette pause, je fait cette photo du Zinalrothorn avec cette drôle de trace d’avion circulaire au-dessus. Le chemin du retour se prolonge encore avec la descente de la Wellenkuppe où je me trompe d’itinéraire, une erreur qui va nous obliger à remonter sur près de 50 mètres pour retrouver le bon passage. Nouvel arrêt au pied des rochers pour remettre une dernière fois les crampons et descendre le glacier de Trift jusqu’au refuge. Il est 17h45 lorsque nous y arrivons et cela fait exactement 13 heures que nous sommes partis. Mais la journée n’est pas encore terminée. Nous restons au refuge une petite demie heure, le temps de boire un coup et récupérer les affaires que nous y avions laissées. Changement de chaussures et de chaussettes et nous voici partis dans la descente jusqu’à Zermatt. C’est là que l’on apprécie particulièrement d’avoir pris des « baskets » pour faire ces 1600 mètres…

 

Coucher de soleil sur le Breithorn
Coucher de soleil sur le Breithorn

 

Il est 21h15 lorsque nous arrivons devant l’église de Zermatt, après avoir pu admirer un beau coucher de soleil sur les montagnes pendant notre descente. La fin d’une bien belle et (très) longue journée… Un sommet et une course dont je me souviendrai très longtemps !

L’itinéraire (photo prise en 2005 depuis le Zinalrothorn) :

 

Voie normale de l'Obergabelhorn
Voie normale de l’Obergabelhorn

Photos

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14 réflexions au sujet de “Obergabelhorn – le 50e

  1. Salut Brigitte,
    Sympatique récit et très belle photo.
    Plus de doute je dois le mettre a mon programme pour l’été prochain. Ca semble vraiment etre une course magnifique.
    Bonne soirée.
    Igor

  2. Bonsoir Brigitte
    Félicitations pour ce 50ème ! j’ai bien aimé lire le compte-rendu de cette course.
    Xavier

  3. Salut Brigitte,

    Ta collection est d’un type très particulier et ne peut grandir qu’avec une somme collosale d’efforts.

    Félicitations pour ton 50ème.

    Bravo.

    Dominique

  4. Hello Bibi,

    Tous mes compliments pour cette superbe 50ème.
    Course et images sont magnifiques et impressionnantes.
    Cette arête tout en neige et en glace doit nécessiter une attention de chaque instant, aussi bien à la montée qu’à la descente…
    Bizzz
    Christian

  5. Bravo pour cette belle 50ième, ce récit intéressant et ces superbes photos (bine sûr!). J’aime beaucoup la vue verticale de l’arête
    JJ

  6. salut cousine
    et toutes mes félicitations.
    Ton compte-rendu est super. ça me donne envie d’y aller !!!

  7. Salut Bibi
    Une course que j’ai vraiment envie de faire en traversée ça a l’air absolument grandiose.
    Par contre pas encore pour cette année car le peu de week-end qu’il reste sont déjà pris (avec normalement la Dent-Blanche)
    A bientôt sur les sommet
    Christophe

  8. Eh bien chère Bibi, c’est magnifique, elle devraient être publiées aussi sur TE sur un thème de cette journée.
    Avec mes plus sincères amitiés.
    Didi

  9. salut Brigitte
    je decouvre ton blog grace à ton dernier post sur TE !!
    c’est superbement fait. alors bravo pour ces 50 4000 et Sus aux autres !! mais surtout , prends le temps de le deguster et de de nous en faire profiter à travers tes chouettes récits et les belles images qui les illustrent !
    la derniere ( l’itineraire) est grandiose !
    amicalement
    alain

  10. Bonjour Brigitte,
    je viens de découvrir ton blog, très bien fait le compte rendu de ta course, merci de nous faire partager ton bonheur. quand daniel rentrera demain, je lui montrerai tout ça – toutes mes félicitations – je t’embrasse –
    kitty

  11. Hello Brigitte,
    Mes félicitations pour ton 50ème 4000m : quel bel exploit. J’en resterai pour ma part à une vingtaine… Nous aurons au moins fait le Bishorh et la traversée du Mt Blanc ensemble, ce qui n’est déjà pas si mal.
    Depuis tout petit (je passais chaque année mes vacances dans le Val d’Anniviers)l’Obergabelhorn me fait rêver, spécialement son arrête du Coeur. J’ai encore eu l’occasion de l’admirer les 18-19 août puisque je me trouvais à la cabane du Mountet : quelle magnifique montagne, bien que l’arrête passe progressivement et irrémédiablement du blanc de la neige au gris des rochers.
    Un gros bisou et la promesse de te revoir sous peu.

  12. Dans ma jeunesse j’étais guide de haute montagne, stationné à Zinal, c’est dire si vos photos me parlent. Mon grand oncle Louis Theytaz avait réussi la première du grand gendarme de l’Ober et aussi, avec son frère Benoît et avec Young celle de l’arête du même nom au Weisshorn.
    Bravo pour cette persévérance et pour ce goût de la montagne

  13. Bonjour Jean-Claude,
    Je suis très flattée de savoir que mon blog est lu par des personnalités telles que vous ! :o)
    Merci beaucoup pour votre petit message qui fait chaud au coeur…
    Brigitte

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