Petit hommage photographique à Riccardo Cassin (2.1.1909 – 6.8.2009)

En tant qu’alpiniste et passionnée de montagne, un titre a retenu toute mon attention dans la presse de ce jour: l’annonce du décès de Riccardo Cassin qui avait fêté ses 100 ans le 2 janvier dernier. Avec plus de 2500 ascensions à son actif dont plus de 100 premières, principalement dans les Alpes, Riccardo Cassin est sans aucun doute l’un des plus grands alpinistes de tous les temps.

J’ai donc voulu lui rendre un tout petit hommage en retraçant dans ce billet quelques uns des faits marquants de sa vie et en les illustrant à l’aide de photos tirées de mes archives.

C’est au début des années 1930 que Cassin fait ses débuts en tant que grimpeur au sein du club des Ragni de Lecco (Les Araignées de Lecco). Très vite son fort niveau le place parmi les figures marquantes du sixième degré (sestogrado) de l’époque.

Après avoir effectué la première ascension de la Cima Piccolissima en 1934 et répété la voie de Comici à la Civetta, Cassin ouvre une voie mythique en compagnie de Ratti sur la face SE de la Torre Trieste.

Torre Trieste
L’année suivante, toujours avec Ratti, çe sera l’ouverture de la voie dans la face N de la Cima Oveste, alors réputée impossible.

Cima Ovest de Lavaredo
En 1937, c’est la face N du Piz Badile qui cèdera à la cordée des deux équipiers, rejoints cette fois par Esposito. (Là, vous avez le droit à une photo prise dans la voie que j’ai gravie en 1995… probablement une des ascensions les plus longues et difficiles que j’aie eu l’occasion d’effectuer !)

Face Nord du Piz Badile
Finalement, le 6 août 1938 (soit exactement 71 ans jour pour jour avant sa mort), Cassin signera en compagnie d’Esposito et Tizzoni ce qui restera l’une des plus belles pages de l’histoire de l’alpinisme : la première de l’Eperon Walker dans la face N des Grandes Jorasses. En fait, Cassin avait à cette époque des vues sur la face N de l’Eiger, mais s’étant fait devancé par une cordée austro-allemande, un ami lui suggéra d’aller faire un tour du côté des Jorasses.

Grandes Jorasses
Pour l’anecdote, voici comment Cassin lui même relate cet épisode de sa vie : ”Je devais travailler du lundi au vendredi dans une usine d’acier, donc je ne pouvais grimper que les week-end. Je n’avais pas le choix, je devais atteindre le sommet avant la nuit car je devais retourner travailler le jour suivant. Et il n’y avait pas d’avion à l’époque mais des trains, des vélos, et beaucoup de marche. Pour aller dans le massif du Mont Blanc et gravir les Grandes Jorasses, je devais prendre un train jusqu’à Pré Saint Didier, faire du vélo jusqu’à Courmayeur, puis marcher jusqu’au Col du Géant, faire la moitié de la mer de glace pour arriver au refuge Leschaux, puis aller au plateau de Tavola pour commencer a grimper. Donc j’avais déjà fait l’échauffement en arrivant au pied de la paroi! “

Plus tard, Cassin se tourne vers des sommets plus lointains et visite de nombreux sommets en Himlaya, dans le Caucase, l’Alaska et les Andes. Parmis les lieux que j’ai également visités et pour lesquels je possède des photos, je citerai le Mont McKinley en 1961 où il effectue la première ascension de l’éperon qui porte aujourd’hui son nom.

Mont McKinley
Et en 1969, il dirige une expédition au Pérou qui permettra d’atteindre la sommet du Jirishanca.

Jirishanca
Il me faudrait beaucoup plus qu’un simple billet de blog pour citer la liste exhaustive de toutes les ascensions effectuées par ce grand alpiniste et pour ceux que cela intéresse, j’ai mis, comme d’habitude, quelques liens en bas de cette page qui vous permettra d’en savoir plus.

Je terminerai donc, en m’inclinant très bas et en disant tout simplement :
« Ciao Riccardo, risposa in pace ! »

Les liens pour en savoir plus :

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