Secours à l’Aiguille Verte

L’Aiguille Verte du Chinaillon fait partie de nos balades classiques de début de saison et c’est donc tout naturellement que nous avions décidé de nous y rendre par ce beau dimanche ensoleillé pour que je puisse faire ma véritable première sortie de ski de rando et tester la stabilité de mon genou en ski hors piste. C’est peu après 11h que nous chaussons nos skis et entamons la montée sur une trace bien marquée par les nombreux randonneurs qui nous ont précédés.

Le temps est superbe, les sommets blancs étincellent sous le soleil et je suis contente car la montée se passe plutôt bien malgré mon manque d’entrainement. Au bout d’une heure mon genou commence à se manifester un peu, surtout dans les courts passages un peu plus raides, mais je me dis que nous sommes bientôt arrivés au col où je prévois de faire une petite pause. Vers 12h30, alors que nous ne sommes plus qu’à quelques minutes de celui-ci j’aperçois deux skieurs qui descendent du sommet en se dirigeant droit vers nous. Ils font une petite pause environ 40m au-dessus de nous, puis une première silhouette s’élance droit dans la pente… et tombe. Immédiatement nous entendons un hurlement tandis que le deuxième skieur se précipite auprès de celle qui vient de se blesser. Je l’aperçois qui manipule la jambe de sa compagne pour dégager le ski qui s’est enfoncé sous la neige sous des cris de plus en plus aigus. Moins d’une minute plus tard il crie en notre direction et nous demande si on peut appeler les secours.

Quelques instants plus tard Jean-Pierre est en ligne avec le PGHM de Chamonix dont le numéro est enregistré dans mon portable (je m’étais dit que ça pourrait servir un jour…). Après avoir décliné son identité, précisé le lieu de l’accident et informé qu’il s’agit très probablement d’une fracture de la jambe, l’interlocutrice lui demande comment il peut en être certain puisqu’il dit que la victime se trouve 40 mètres plus haut (il est clair qu’elle n’entend pas les hurlements car sinon elle ne poserait pas ce genre de question). Finalement, après avoir quelque peu insisté pour que l’hélicoptère décolle au plus vite, Jean-Pierre raccroche puis monte pour rejoindre la blessée et son compagnon.

Pendant ce temps je continue sur la trace pour aller jusqu’au col et commence a remonter l’arête en direction du sommet. Un peu en contrebas de celui-ci, je trouve un endroit plat où je vais pouvoir faire quelques photos lorsque l’hélico arrivera. Je vous livre donc la suite du récit sous forme de reportage photos.

13h05 : Première rotation pour poser le gendarme du PGHM sur le lieu de l’accident.

13h12 : Le gendarme fait revenir l’EC145 pour poser le pompier et le médecin.

Descente du pompier tandis que le gendarme au sol guide le pilote.

Quelques minutes plus tard, c’est au tour du médecin…

Je me demande s’ils profitent de la vue lorsqu’ils tournent au bout de leur câble.

Concentration du pilote pendant les manœuvres.

Après cette première série de photos, je chausse ensuite mes skis (non sans avoir préalablement mis mon attelle pour protéger mon genou) et me lance dans la descente pour aller rejoindre le groupe auprès de la blessée. J’apprends qu’il s’agit de Marie-Thérèse qui continue à souffrir terriblement malgré la morphine qui lui a été administrée par le médecin. Son mari, Emile, la conforte autant qu’il le peut pendant que médecin, pompier et gendarme travaillent ensemble pour préparer l’évacuation.

Peu avant 14h, nous avons enfin réussi à sécuriser Marie-Thérèse dans la civière, après avoir immobilisé sa jambe dans une attelle sous-vide. En attendant le retour du l’hélico, Emile et Jean-Pierre la rassurent…

La première rotation prend en charge le médecin qui décolle sous des tourbillons de neige. Je sais que mon petit G9 est particulièrement sensible à l’humidité, mais décide néanmoins de faire des photos pour immortaliser ce moment.

Jean-Pierre surveille l’approche de l’appareil qui revient chercher la blessée.

Maintenant c’est au tour de Marie-Thérèse, accompagnée du pompier, de prendre les airs.

Dernière vision de l’EC145 à travers les nuées de neige avant que la civière ne soit rentrée à l’intérieur de l’appareil. L’hélico effectuera encore une dernière rotation pour récupérer le gendarme avant de foncer en direction de l’hôpital d’Annecy.

Après coup, nous récupérons nos affaires et chaussons les skis pour redescendre en compagnie d’Emile. L’EC145 a pu se charger des skis de Marie-Thérèse (parce que Jean-Pierre a bien insisté), et nous nous partageons son sac et ses bâtons. Une demie-heure plus tard nous laissons Emile près de sa voiture et lui recommandons d’être prudent sur la route. Nous espérons qu’il nous donnera très bientôt de bonnes nouvelles au sujet de Marie-Thérèse…

Ah, et j’oubliais presque… mon genou, lui, continue à aller très bien mais je ne suis pas encore certaine de pouvoir en dire autant du G9!

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2 réflexions au sujet de “Secours à l’Aiguille Verte

  1. Superbes photos ! tu montres en exercice d’ici, euh, pas mal de temps ! je suis en médecine mais je peux attendre encore au moins 3 ans avant de faire de l’urgence comme ça 😉 Juste une question ! Celui que tu appelles le pompier, ne serait-il pas le medecin ? parce que sur la photo il est effectivement avec l’uniforme des pompiers mais son badge de grade indique « MSP » soit « medecin sapeur-pompier »

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